Les solides cristallisés

Supposons que l'une des espèces intervenant dans la réaction soit un solide cristallisé pure. Son potentiel chimique ne dépend donc pas de la composition.

Deux cas sont à distinguer :

  1. la même espèce chimique existe couramment à l'état vapeur, et les propriétés de cette vapeur sont aisément accessibles : on peut alors utiliser comme état standard l'état de gaz parfait sous 1 bar (exemple de la glace, pour laquelle l'état standard est la vapeur d'eau à la même température).

    On écrira alors :

    \(\mu_i^{(sol)}(T,P) = \mu_i^{(std)}(T) + RT \ln\frac{f_i^{(sol)}(T,P)}{P^{(std)}}\)

    La fugacité du solide s'identifie alors à la pression de saturation du solide (pression d'équilibre solide-liquide, ou de sublimation à la température \(T\))

  2. pour certains éléments solides, on a choisi comme état standard l'état solide : c'est le cas du carbone, pour lequel l'état standard est le graphite.

    On écrit alors la définition de la fugacité sous la forme plus générale :

    \(\mu_i^{(sol)}(T,P) = \mu_i^{(std)}(T) + RT \ln\frac{f_i^{(sol)}(T,P)}{f_i^{(std)}}\)

    et, dans la pratique, le rapport \(\frac{f_i^{(sol)}(T,P)}{f_i^{(std)}}\) est très proche de l'unité (la fugacité du solide dépendant très peu de la pression).

Dans les deux cas, la fugacité du solide à température donnée est une constante : il est tentant de porter cette constante dans la constante d'équilibre, ce qui permet d'omettre les solides purs du rapport des fugacités. Mais il faut être conscient que lorsque l'état standard pour le solide est un état de gaz parfait, la constante d'équilibre en est modifiée.